Extrait de « 3 minutes à méditer » ( l’iconoclaste)
de Christophe André
Imaginez un archer qui ajuste son tir pour atteindre une cible. D’après vous, à quoi doit-il s’attacher le plus? A vouloir à tout prix atteindre la cible? Ou bien à s’efforcer de réussir au mieux le geste de son tir ? Depuis l’Antiquité, les philosophes, et notamment les stoïciens, recommandent à l’archer de s’attacher davantage à l’accomplissement du geste plutôt qu’à l’atteinte du résultat, au telos plutôt qu’au skopos. Skopos, en grec, c’est l’atteinte de la cible. Telos, la perfection du geste.
Pouvons-nous cultiver cet état d’esprit ?
CONSEILS
Lorsque nous arrêtons le cours de notre vie pour méditer, nous ne visons pas un objectif particulier (nous détendre, faire le vide dans notre tête), mais nous nous attachons à bien faire ce qui nous est demandé par la méditation elle-même : nous rendre présents à notre souffle, à notre corps, aux sons, observer le passage des pensées. Nous savons alors que tout ce qui doit advenir viendra. C’est facile de le comprendre, mais difficile à mettre en œuvre, surtout si les résultats nous tiennent à cœur. La méditation peut nous aider à nous rapprocher de cette sagesse.
Quand nous sentons monter en nous l’obsession de la performance, asseyons-nous, respirons, ressentons les crispations du corps et de l’esprit trop fortement tournés vers l’atteinte du résultat, vers le skopos. Et amenons doucement au centre de notre attention le telos, tout ce que nous avons à faire pour qu’advienne ce que nous espérons.
II n’y a rien à réussir, il n’y a qu’à agir de notre mieux. Puis lâcher tout cela, pour respirer, sourire, et vivre.